« Elle Lui parlait comme s'Il était son vrai fils dans le monde ». La voie de la dévotion maternelle dans les récits des vies des saints vishnouïtes

Mercredi 24 février 2021, à 12h00

La plupart des femmes reconnues comme des saintes dans les traditions dévotionnelle (bhakti) de l’Inde prémoderne suivent une voie qui conduit à une union avec la divinité sur le mode de l’amour (madhurya bhava) de l’amante (le dévot ou la dévote) pour son amant (un dieu, le plus souvent pensé comme masculin). Comme Andal, Mirabai, Akka Mahadevi et d’autres, elles refusent un mariage humain avec un homme et le rôle valorisé d’épouse et de mère avec les avantages matériels qui s’y rattachent, pour préférer un cheminement spirituel ascétique et itinérant, hors d’un cadre institutionnel. La dévotion sur le mode de l’amour maternel (vatsalya bhava) est cependant aussi une possibilité pour certaines femmes qui ont choisi une vie hors norme. Cette contribution examinera les allusions à la dévotion sur le mode maternel dans la collection hagiographique sur les vies des « 84 dévots vishnouïtes » et des « 252 dévots vishnouïtes ». Un récit sur une femme appelée simplement Kshatrani, l’une des rares figures saintes à s’engager dans une dévotion au dieu Krishna dans le rôle d’une mère apportant ses soins maternels à son petit garçon, sera au cœur de notre analyse. Moins valorisé et plus rarement étudié que le mode de la dévotion amoureuse à connotation érotique, le mode de l’amour maternel est aussi une voie possible de l’accès direct au divin dans la bhakti krishnaïte.

Conférence donnée en français. 

Feuillet PDF accompagnant la conférence, à télécharger

Prof. Florence Pasche Guignard, Faculté de théologie et de sciences religieuses, Université Laval

Florence Pasche Guignard, l’organisatrice du colloque, est professeure adjointe en sciences religieuses à la Faculté de théologie et de sciences religieuses depuis janvier 2020. Ses domaines de recherche se situent à l’intersection des religions et des spiritualités avec l’histoire des femmes, le genre, le corps, le rituel, la culture matérielle et les médias. Les religions de l’Asie du sud font aussi partie de ses domaines d’expertise. Ayant recours à des méthodes comparatistes, auxquelles elle réfléchit de façon critique, elle a travaillé notamment sur les représentations des corps féminins en Grèce ancienne et dans les traditions dévotionnelles krishnaïtes. Ses publications les plus récentes portent sur maternités et religions dans des contextes divers. Plus d’information sur son site web : fpg.bio

 

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Crédit photo: Yashoda allaite Krishna, artiste inconnu, vers 1790, domaine public, RCIN 1005113.l - Royal collection, via Wikimedia Commons

 

Enregistrement (édité) de la conférence du 24 février 2021
Disponible ici au moins jusqu'au 30 avril 2021

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